Le Serious Game Blog
29 mars 2008

Lara Capello ?

Publié dans réflexions

Quel est le point commun entre Lara Croft et Maître Capello ? … et non, ce n’est pas le tour de poitrine. Je me suis creusé la tête et j’en suis venu à la conclusion que la réponse est : rien. Ce sont deux mondes à part, et il faudrait que maître Capello se marie à Lara Croft pour que les deux soient conciliables.

Pourquoi parler d’eux ? Parce qu’on m’a souvent posé la question (parfois de façon rhétorique) « Les concepteurs de jeux vidéos sont-ils l’avenir du serious game ? ». Les gens disent surtout que les jeux pourraient devenir de plus en plus élaborés, avec des graphismes époustouflants, et que ce seraient donc les entreprises de développement de jeux vidéos qui seraient le mieux à même de s’implanter sur ce marché de niche qu’est encore le serious game.

Quand on me pose cette question, donc, je réponds « non ». Non, parce que faire du serious game, c’est répondre à une problématique de formation, et qu’il ne faut pas que le contenant prenne le pas sur le contenu. Non, parce que les gens qui demandent du serious game ne sont pas les mêmes que ceux qui s’amusent avec Mario ou Pro Evolution Soccer et qu’on ne s’adresse pas à tout le monde de la même façon. Non, parce que les budgets des jeux vidéos et ceux des serious games n’ont rien à voir. Non enfin, parce que les entreprises de jeux vidéos devraient alors intégrer des pôles pédagogiques à leur structure, et que ce n’est peut-être pas ce qu’ils souhaitent. Pourquoi payer plus de ressources et gagner moins ?

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2 commentaires pour “Lara Capello ?”

  1. Tryskel dit :

    Et pourtant, l’actualité vidéoludique (deux mois après cet article) apporte une toute autre réponse : après Practise English et Wiifit, voici venir des logiciels de soutien scolaire sur Nintendo DS…

    En tant que joueur et futur enseignant-documentaliste, j’ai un tout autre avis. J’ai pu essayer Food Force l’année dernière, et je me suis dit : « le contenu est tout à fait intéressant, mais au niveau du plaisir de jeu, comment peut-il rivaliser avec Mario, Zelda, ou même Pac-Man ? Je préfère largement rejouer à ceux-ci plutôt que d’explorer plus en détail Food Force… »
    Là où les concepteurs de jeux vidéo pourraient apporter quelque chose, c’est pour rendre plus attractif ce contenu, tout en le déformant le moins possible bien sûr : une meilleure scénarisation, de meilleurs graphismes… Quelques rares exemples existent déjà : Civilization, la série de jeux de gestion de Sid Meier, ou les jeux d’enquête se déroulant au Louvre, en Chine ou en Egypte. La plus grande difficulté serait de donner un intérêt pédagogique à des genres plus prisés…

    Pour la question économique, nous nous rejoignons… malheureusement.

    (Et, en aparté : si certains jeux avec de nombreux textes étaient mieux traduits, nous nous rapprocherions un peu plus de Maître Capello…)

  2. Emmanuel dit :

    Après vous avoir lu, je soutiens tout de même mon point. Ce que vous évoquez est juste, mais confirme ma thèse : vous dites que vous prenez plus de plaisir à jouer à Mario qu’à Food Force (ce que je comprends très bien, moi aussi). Mais vous conviendrez qu’on ne joue pas à Mario pour les mêmes raisons que Food Force.

    Moralité : il y a un mur entre les jeux que j’appellerais « ludiques/grand public » et les serious games au contenu spécialisé, riche et réfléchi. Si on fait du contenu poussé ou spécialisé, on ne touchera par essence pas le grand public. Or créer un jeu graphiquement élaboré n’est rentable qu’en schéma d’économie d’échelles, donc grand public. L’argent est quand même un élément crucial dans le sujet.

    Donc soit on investit sur le contenu, soit sur le graphisme. Mais les deux à la fois, c’est très difficile.

    Les jeux que vous évoquez, tels que la WiiFit par exemple, tiennent quand même beaucoup de l’effet de mode, et s’ils ont un intérêt certain, leur portée pédagogique reste quand même très limitée à mon sens, et ce sont des jeux ludo-éducatifs plutôt que des serious games au sens strict.

    Là où je suis d’accord avec vous, c’est que les serious games ne devraient pas prendre ce prétexte pour justifier d’être graphiquement moins aboutis que des Mario et autres Zelda. Il faut toujours faire mieux, en respectant son enveloppe budgétaire quand même …

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