Le Serious Game Blog

ARCHIVE DE LA CATEGORIE 'environnement'

L’eau, c’est beau

Vendredi 9 mai 2008
A l’occasion de la Semaine du Développement Durable, qui s’est déroulée du 1er au 7 avril dernier, de nombreuses initiatives de sensibilisation ont été mises en place. L’agence Kaïlis Design a ainsi créé un jeu de sensibilisation à la gestion durable de l’eau à destination du grand public : Haya – L’eau c’est la vie.

HAYA, c’est le voyage poétique à travers le désert de 3 animaux très différents mais pourtant complémentaire. Il y a tout d’abord l’abeille, qui mène la caravane que vous dirigez à la souris (la souris n’étant pas un des animaux, mais celle de votre ordinateur…). L’abeille, qui a besoin d’eau, tire derrière elle un gros poisson rempli du précieux liquide. Quant à la grenouille, notre 3e comparse, elle cueille des étoiles-points pour ses deux amis mais a besoin du poisson pour faire vivre ses têtards. C’est donc une drôle de caravane qu’il vous faudra mener d’une oasis à l’autre en gérant l’eau du poisson et en évitant les obstacles.

Chaque joueur qui réussit à amener la caravane à bon port voit sa performance enregistrée. Mais la où d’autres feraient un simple classement, HAYA symbolise l’ensemble des scores par une constellation à laquelle chacun participe. C’est ainsi en coopérant tous ensemble que l’on arrivera à mieux gérer les réserves en eau. Poétique, non ?


L’écolo habite au 21

Lundi 7 avril 2008
L’écologie et le développement durable ont décidément la cote en ce moment, surtout du côté des serious games. Et les initiatives ancrées à la fois dans le virtuel et le réel fleurissent sur le Web. SOS 21 en est une de taille : un jeu sérieux éthique et multijoueurs (et gratuit aussi !) pour sensibiliser les joueurs sur les enjeux du développement durable à l’échelle personnelle et locale. En créant un avatar et en le faisant vivre dans une communauté virtuelle à la Sims, le joueur peut analyser l’impact de ses actions sur l’environnement, se comparer avec ses voisins et apprendre des choses connues et moins connues sur les bonnes pratiques à adopter en termes de développement durable. Le but du jeu est de gagner des points en adoptant un comportement exemplaire, tout en évitant les catastrophes causées par l’égoïsme ou le je-m’en-cognisme.

L’originalité de SOS 21 tient non seulement dans la richesse des contenus, géolocalisés et validés par des experts, mais aussi dans la richesse des canaux utilisés: jeu sérieux bien sûr, mais aussi présence sur Second Life, conférences virtuelles au cœur du jeu, partenariats avec des acteurs de l’environnement (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, Comité 21, ADEME, Un Défi Pour La Terre, WWF France…), site internet avec forum, débats, etc … La variété des liens et des contenus en fait une vraie passerelle entre le virtuel et le réel : il est ainsi possible par exemple de transformer l’argent virtuel utilisé dans le jeu en monnaie réelle sonnante et trébuchante.

C’est marrant, je vous sens très intéressé(e) tout à coup… Ce doit sûrement être le fait de parler de développement durable. Puisque vous brûlez d’impatience, allez donc voir la démo du jeu ici, en attendant la sortie de la version complète de SOS 21 à la mi-avril.


Si j’étais président

Lundi 25 février 2008
Les temps sont durs pour certains présidents en ce moment, mais à leur décharge il n’est pas toujours facile de prendre à la fois des décisions majeures pour le pays et de contenter le bon peuple. Nos voisins d’outre-Manche nous le prouvent au moyen d'un serious game, en nous proposant de nous frotter à la tâche présidentielle sur un dossier épineux : la gestion climatique et écologique. Climate Challenge, c’est son nom, a été développé par Red Redemption pour la BBC. Ce jeu en ligne vous permet d’incarner le président "des Nations européennes" et vous laisse le soin de défaire le nœud gordien de l’écologie. Nœud gordien, parce que tout le talent du président que vous êtes résidera dans l’équilibre entre l’efficacité et la démagogie. Il vous faudra d’un côté prendre les décisions qui s’imposent pour enrayer les menaces climatiques qui pèsent sur le monde (ça c’est le côté Rambo), et de l’autre veuiller à prendre des mesures suffisamment populaires pour conserver votre fauteuil (ça c’est le côté homme politique). Le jeu se complique car il va également falloir ménager vos petits amis des autres aires géographiques lors d’assemblées de négociations, veiller à ne pas vider les caisses de l’Etat, et contenter la presse qui est à l’affût du moindre faux pas pour vous faire tomber (toute ressemblance avec des événements… etc.).

En résumé, être président, c’est pas si facile. C’est ce que montre avec brio ce jeu complet qui permet de se rendre compte de la difficulté à être à la fois visionnaire, populaire et gestionnaire. Pour y jouer, c’est ici que ça se passe.


Ecolo gigue

Lundi 18 février 2008
Qui ne connaît pas la fondation Nicolas Hulot et Ushuaïa ? Et non, la réponse est non : Ushuaïa n’est pas qu’une marque de déodorants. Ushuaïa « à la poursuite des biotrafiquants » se présente comme une initiative sympathique pour sensibiliser les enfants, dès 10 ans, à la cause écologique. Ce jeu d’aventures et d’action (développé par Strass Productions et édité par Mindscape) permet d’incarner Léna Green, une jeune femme résolument écologiste, membre de l’organisation de protection de la nature : « Les Sentinelles Ushuaïa ». Envoyé en mission aux quatre coins de la planète, le joueur se retrouve témoin d’agissements de trafiquants d’animaux, les biopirates, une organisation malfaisante. Courir, sauter, infiltrer, enquêter… à plusieurs, car le joueur est à la tête d’une équipe composée d’un géologue, d’un biologiste et d’un ethnologue, et il doit affronter tous les dangers pour survivre parmi les braconniers, les animaux sauvages, les conditions météorologiques extrêmes ou encore les maladies tropicales. Un bon jeu d'action, en somme.

Ce jeu sorti en novembre 2007 sensibilise donc le jeune joueur à l’ensemble des problématiques écologiques, le réchauffement climatique, la déforestation, les menaces sur les populations locales, la lutte contre le braconnage, tout en découvrant le monde et sa biodiversité.

(Merci à Guillaume)


Jeu ingénieux pour futurs ingénieurs

Lundi 18 février 2008
L’écologie est à la mode en ce moment, contrairement aux filières d’ingénieurs. Quel rapport me direz-vous ? Facile ! IBM vient de lancer (après 16 mois de réalisation et la contribution de 200 jeunes gens entre 12 et 16 ans?!) un jeu multijoueur gratuit sur Internet, appelé Power Up. Le jeu a été présenté à l’Engineer's Week 2008 samedi dernier, 16 février, à Washington. Le but de la célèbre firme est à la fois de sensibiliser les jeunes sur les problématiques liées à l’écologie et de permettre à ces mêmes jeunes d’envisager une carrière professionnelle d’ingénieur.

Le jeu peut se jouer seul ou à plusieurs. Le joueur devra sauver la planète Hélios, menacée par un terrible désastre écologique, en réussissant trois missions différentes et stimulantes (liées respectivement aux énergies solaire, éolienne et hydraulique) tout en en faisant face à des tempêtes de sables, déluges ou autres catastrophes. L’intérêt de PowerUp est l’utilisation des mondes virtuels et des nouvelles technologies pour aborder des enjeux tels que la conservation d’énergie ou pour apprendre les principes d’ingénierie de base.

Et justement, les métiers de l’ingénierie n’ont plus la cote… A l’heure du marketing mix, les sciences et les mathématiques ne séduisent plus. Et pourtant, réparer des turbines hydrauliques en rampant dans la boue peut s’avérer un vrai plaisir ! Plus sérieusement, des études sérieuses montrent que le nombre d’emplois dans les technologies, les sciences et l’ingénierie va augmenter de 22% jusqu’en 2014 aux Etats-Unis… alors que les filières scientifiques sont en perte de vitesse. C’est pourquoi IBM a encouragé l’utilisation de PowerUp dans les classes. Comme quoi on doit quand même faire du marketing pour faire des sciences…


Mon frigidaire, mon armoire à cuillères, mon évier en fer et mon poële à mazout

Lundi 28 janvier 2008
Ce n’est pas à proprement parler un serious game, mais c’est tout aussi ludique et pédagogique, et c’est accessible sur le web. The Story of Stuff est un docu-web engagé et semi-animé sur le cycle de vie des biens de consommation. Réalisé par Annie Leonard, activiste américaine et experte en développement durable, the Story of Stuff explore chaque étape de ce cycle, de l’extraction des ressources à l’incinération d’un iPod, et son impact sur l’économie globale, l’environnement et la santé. Annie Leonard dresse un portrait au vitriol des problèmes connus et cachés corollaires à la consommation à tous les échelons : épuisement des ressources naturelles, pollution à grande échelle, incitation à la surconsommation avec la bénédiction des instances politiques… La réalisation est soignée, les explications claires et simples, le ton cynique : le documentaire fait mouche et on ressort du film un peu ébranlé. Il est désormais entendu que je ne regarderai plus mon iPod de la même manière. Plus qu’un constat alarmant sur les causes et les conséquences de la société de consommation, plus qu’un regard attristé sur un monde où le lait maternel est un poison violent et où 99% des biens consommés ne sont pas "durables" (étant tous, en moyenne, jetés dans les 6 mois suivant la date d’achat), The Story of Stuff est une réflexion philosophique sur le rôle de l’individu. Je ne vaux pas mieux que mon iPod… à moins de réagir. Vite.


« C’est assez », dit la baleine

Lundi 28 janvier 2008
Les Australiens aiment la nature. Et ils s’insurgent avec raison lorsqu’elle est menacée. Après les essais nucléaires à Mururoa, c’est aujourd’hui la chasse à la baleine par le Japon qui est houspillée par le biais d’un shmup* satirique. Harpooned, c’est son nom, a été développé par Conor O’Kane pour dénoncer le sujet ô combien controversé des «recherches scientifiques» sur les baleines en Antarctique. Depuis le moratoire de 1982, qui interdit la chasse commerciale à la baleine, le Japon met en effet en place des expéditions de recherches qui auraient pour but d’étudier les mammifères marins…

Le but du jeu ? Vous pilotez un bateau et votre mission est de tirer sur les cétacés qui passent à votre portée, pour récolter de la viande qui sera plus tard transformée en hamburgers ou en nourriture pour animaux. Visez bien, car vous obtiendrez des bonus si vous détruisez plusieurs baleines d’une même espèce à la suite, et faites bien attention à éviter les icebergs et à vous occuper des opposants à vos « recherches ». Le gameplay est assez fun, la réalisation plutôt agréable, la critique, acerbe. Bref, un jeu à rire comme une baleine, mais à rire jaune…

*Un ‘shoot them up’ (aussi écrit shoot 'em up, littéralement « mitraillez-les ! », ou contracté en SHMUP) est un type de jeu vidéo dans lequel le joueur incarne un personnage (souvent sous la forme d'un petit vaisseau spatial) devant détruire des hordes d'ennemis à l'aide d'armes de plus en plus puissantes au fur et à mesure qu'avance le jeu.


BP pollue le prochain Sim City

Jeudi 11 octobre 2007
Sur fond de polémique croissante concernant la publicité dans les jeux vidéo, BP alias British Petroleum et Electornic Arts viennent d'annoncer leur partenariat pour le prochain Sim City Societies. Le joueur aura ainsi le choix entre bâtir pour sa ville des installations énergétiques affreuses et très polluantes, ou bien de seyantes centrales respectueuses de l'environnement arborant le logo BP. La firme anglaise espère ainsi redorer son blason quelque peu terni par la meurtrière explosion de sa raffinerie de Texas City, ou encore la fuite d'un oléoduc en Alaska qui a provoqué l'an passé la plus grave pollution qu'ait connu la région.
Et à lire la presse spécialisée (vidéo-ludique), BP, doté son nouveau slogan Beyond Petroleum (Au-delà du pétrole), est en passe de réussir son pari. On la présente déjà comme « la compagnie pétrolière britannique qui tente de protéger la nature et de ne plus dépendre du pétrole » (jeuxvideo.com). Quoiqu'on pense de la firme, un tel partenariat pour un jeu commercial est sans précédent, y compris dans le cinéma, média pourtant à l'avant garde de la publicité déguisée.


Deux jeux écolos de plus !

Samedi 8 septembre 2007
Planete précieuse est un site comprenant deux petits jeux visant à sensibiliser le public à l'écologie. Développés pour l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) il y a de ça déjà quelques temps, on peut dire qu'ils accusent leur âge. Dans un premier temps, Ecoville vous propose de bâtir une ville. Très simple, certainement trop, on se contente de placer habitations, déchetteries et centrales électriques, selon les besoins. Des recherches permettent de passer aisément aux énergies renouvelables et des campagnes de communication entraînent les bénéfiques changements de comportement de votre population. Le chemin est tout tracé, on ne ressent aucune difficulté, même budgétaire et c'est fort dommage. Essayer Ecoville.
Réflexe planétaire, le second jeu, est mieux pensé. S'adressant clairement à un public jeune, vous incarnez un enfant et faîtes avec lui le parcours de votre chambre, au réveil, à l'école. Toutes les pièces de votre maison recèlent de petites actions à effectuer pour éviter tout gaspillage : bien fermer un robinet, éteindre les appareils électriques en veille, jeter les déchets dans les bonnes poubelles... Très court, le jeu se conclue sur un récapitulatif des gestes bons ou mauvais accomplis et une explication des réflexes à acquérir. Jouer à Réflexe Planétaire.


Un jeu écolo : bien, mais sans moustache.

Lundi 16 avril 2007
Starbucks, ces grands cafés verts et étranges qui se multiplient dans nos centres commerciaux, a lancé avec l'ONG américaine Planet Green, un jeu pour apprendre à devenir écolo. Enfin presque, car on ne nous dit pas comment se faire pousser une affreuse moustache tombante, mais bon le coeur y est. Arborant le titre renversant d'originalité de: Planet Green Game, le jeu vous catapulte dans la tête d'un activiste dont le but est de transformer sa ville en havre écologique. Il vous faudra apprendre à conduire en économisant votre carburant, planter et organiser un grand espace vert ou encore répondre à moult questions sur le thème. Et ces quiz sont plutôt bien faits. On découvre ainsi que si chaque foyer américain remplaçait une ampoule normale par une à économie d'énergie, ce serait comme retirer 7,5 millions de voitures de la circulation! Un bon moyen de se dire que chaque petit geste n'est pas inutile. En plus à chaque épreuve réussie, le jeu nous en montre une application concrète, quelque part sur le globe, avec photos à l'appui. Bref, un bon petit serious-game instructif et bien pensé. Et puis un chouette coup de pub pour Starbucks qui tente de mettre en avant sa politique de commerce équitable et ses gobelets recyclables.