Le Serious Game Blog

ARCHIVE DE LA CATEGORIE 'santé'

Le Serious Game le plus cher du monde

Mercredi 26 mars 2008
Dix millions de dollars, rien que ça. L’équivalent d’un salaire mensuel de 21000 dollars pendant 40 ans d’activité, ou de la somme qu’il faudrait pour acheter 2 932 550 Big Mac. Dix millions de dollars (une bagatelle pour Liliane Bettencourt), c’est le prix qu’a coûté la réalisation de PULSE!, un serious game qui simule de manière réaliste un service d’urgence médicale, l’unité de soins intensifs du National Naval Medical Center de Bethesda, dans le Maryland. PULSE! décroche donc la médaille d’or du jeu sérieux le plus cher du monde.

Développé par la société Breakaway en collaboration avec la Texas A&M University-Corpus Christi, et financé depuis mars 2005 par une bourse fédérale de la Navy américaine (pas mal leurs bourses, dans la Navy, on comprend les Village People !), PULSE! se veut une simulation très immersive et hyperréaliste dont l’objectif est de réduire les risques médicaux en permettant aux médecins de se former à des situations d’extrême urgence. Ce qui justifie le coût exorbitant de ce jeu, c’est la qualité de réalisation : ainsi, les flux sanguins par exemple sont modélisés à partir d’analyses précises de dynamiques de fluides. Le lieu de jeu en 3D a quant à lui été réalisé par la modélisation d'un hôpital entier ! Le résultat est bluffant, puisque même l’atmosphère oppressante des blocs est rendue et fait couler la sueur froide dans le dos des joueurs. Enfin, remarquez, moi j’aurais des sueurs froides rien qu’en signant un chèque à sept zéros… Pas vous ?

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Quoi de neuf Docteur ?

Lundi 17 mars 2008
Ce sont les fans des Dr Douglas Ross et Derek Shepherd qui vont être contents ! Ils vont pouvoir se glisser dans la peau d’un séduisant médecin en blouse blanche pour s’occuper de leurs patients virtuels, et ils verront que ce n’est pas le tout d’être beau, il faut aussi assurer en termes médicaux. Alfa Multimedia, une firme espagnole spécialisée dans les projets multimédia pour le secteur de la santé, a développé un programme de simulation (sur CD) qui permet de se former à la pratique médicale. Des traitements initiaux lors de l’arrivée d’un patient au diagnostic final, en passant par l’étude du dossier médical et les tests à réaliser, le jeu nous confronte au challenge quotidien d’un médecin en milieu hospitalier. L’enjeu est de taille : les pathologies sont nombreuses et les niveaux de plus en plus difficiles.

Le Medical Clinical Simulator, qui permet de gérer de vrais cas inspirés de la réalité avec des processus de travail similaires à ceux effectués en milieu médical, a un double but : former les étudiants en médecine à moindre coût et faire un contrôle de qualité auprès des acteurs du secteur de la santé (réduction des erreurs de dignostic, amélioration de la qualité des pratiques médicales etc). L’outil est développé en trois langues (anglais, espagnol, allemand), et il est déjà utilisé entre autres par de nombreuses entreprises telles que Roche, AstraZeneca ou Sanofi Aventis.


Jouez gros

Lundi 28 janvier 2008
Tout le monde s’accorde à dire que l’obésité est un des fléaux de notre société, surtout outre Atlantique. De nombreuses initiatives ont été faites pour alerter la population sur les risques et les conséquences désastreuses de mauvaises habitudes alimentaires, mais le discours de ces instances est souvent moralisateur. L’obésité est la plupart du temps perçue comme un simple manque de contrôle ou de volonté, alors qu’il a été démontré qu’elle est la résultante de facteurs socio-économiques et d’un mode de vie inadapté à tous les niveaux. C’est ce que montre le jeu Fatworld, un jeu vidéo gratuit développé par Persuasive Games, publié par ITVS Interactive, et financé par the Corporation for Public Broadcasting. Fatworld a le mérite de montrer les interconnexions complexes entre la nutrition, l’argent des ménages et l’hérédité au lieu de se contenter de dire aux gens comment manger ou bouger. Le but du jeu est de gérer des personnages dans un monde persistant : créer des avatars avec des présdispositions de santé, leur faire faire de l’exercice (ou pas), les faire acheter de la nourriture saine (ou pas), établir une grille de menus (ou pas), s’immiscer dans les politiques publiques (ou pas), agir sur la grande distribution (ou pas). Bref, un bon petit jeu gratuit avec un but éducatif noble et bien réfléchi. Au fait, qui veut une part de pizza ?


Zen, soyons zen

Mardi 8 janvier 2008
Chasser le mauvais temps sur une plage tropicale par la simple maîtrise de son sang-froid ? Gagner une course d’aviron sans bouger un seul muscle ? Si, si, c’est possible. Pas besoin de devenir chaman et de partir vivre dans les steppes d’Asie centrale, il suffit simplement d’utiliser Symbioline, un outil interactif développé par Symbiofi à destination du grand public, qui s’appuie sur des travaux hospitaliers très sérieux brevetés par le CHU de Lille. Le but de Symbioline est d’apprendre à gérer son anxiété et à se relaxer par la pratique régulière d’exercices d’animation 3D. Il suffit, pour se détendre, d’utiliser un capteur qui relie le corps humain à un ordinateur et de regarder le paysage qui s’affiche à l’écran. L’appel à la 3D stimule la motivation et la volonté de progresser du joueur, qui va tenter de faire évoluer différents types de paysages par la maîtrise graduelle de sa cohérence cardiaque et de sa respiration. Symbioline est de ce fait une solution innovante qui concilie harmonieusement santé et nouvelles technologies pour améliorer le bien-être des individus. Des individus probablement stressés par l’utilisation abusive des nouvelles technologies…


Le crack, comme si vous y étiez

Dimanche 25 novembre 2007
Des chercheurs australiens, majoritairement des neurologues et psychiatres, ont lancé un projet d'envergure visant à créer un laboratoire d'expériences virtuel. Effectivement en psychiatrie, il est inutile d'utiliser les nuisibles, rats, speakerines ou dindes, qui comme chacun le sait, ont un cerveau incomparablement moins développé qu'un humain moyen. Ces chercheurs donc, ont décidé de créer un « jeu » nommé Virtual Crackhouse. Oui, il s'agira bel et bien de se confronter à un des fléaux du moment, le crack, cette drogue terrible confectionnée à partir de cocaïne. Elle crée une dépendance extrêmement forte dès les premières prises et Virtual Crackhouse a pour but d'en faire l'étude, voire d'être une aide pour les toxicomanes.
Expliquer simplement le fonctionnement se révèle être un véritable défi. En gros, cette simulation essaye d'instaurer un « réflexe de Pavlov » chez l'accroc au crack. Le « jeu » simule des effets du manque et y associe des moyens de s'en sortir : le son du téléphone d'aide aux toxicomanes, par exemple. Petit à petit, le patient associe l'écoute de ce son et un sentiment de baisse du manque. Un psychanalyste suit bien entendu chaque patient pour renforcer les réflexes acquis d'abord virtuellement. A en croire les responsables du projet, les premières expériences s'avèrent assez concluantes. Souhaitons leur donc bonne chance.


La chirurgie du 19ème siècle

Dimanche 25 novembre 2007
En guise de remarque liminaire, sachez que le jeu dont il va être question ici n'est pas à mettre entre les mains de vos innocentes têtes blondes. En effet dans Dark Cut, vous incarnez un chirurgien opérant en marge des terribles champs de bataille du 19 ème siècle. Graphiquement exceptionnel et très réaliste, cette simulation peut donc heurter les plus sensibles. Armé d'ustensiles les plus basiques et surtout d'une grande quantité d'alcool, servant tant à anesthésier le patient qu'à désinfecter, vous aurez à extraire des balles de corps meurtris ou à amputer des membres, alors que du dehors vous parviennent les terribles bruits de la bataille en court. Vraiment, l'ambiance est d'une qualité rare. Du côté du Gameplay enfin, cela rappelle les excellents Trauma Center : vous choisissez votre outil et vous simulez sur la plaie le geste à effectuer. Dark Cut est à découvrir ici.


De la simulation d’état d’ivresse

Jeudi 18 octobre 2007
The Booze Cruise, c'est ainsi qu'on appelle de l'autre côté de la Manche ces petits voyages en Ferry que les adolescents anglais effectuent pour acheter de grandes quantités d'alcool et de tabac à moindre coût. Par extension, le terme désigne également des sorties en bateau excessivement alcoolisées, pratique courante chez la jeunesse dorée américaine. C'est aussi depuis peu le nom d'un jeu à paraître, développé par l'Université de Calgary, visant à sensibiliser les 13-16 ans aux méfaits de l'alcool. Vous y incarnerez un jeune conducteur en état d'ivresse, tâchant de rentrer chez lui en un seul morceau. L'équipe de développement, des étudiants de l'université, s'est faite épauler par un vénérable agent de la police locale pour retranscrire au mieux les effets de l'alcool dans leur jeu. Ce sera donc une simulation de conduite en état d'ivresse, la plus réaliste possible : tant sur la perception, que sur les temps de réaction.
Ce n'est pas la première fois que le monde du jeu se frotte à cette thématique. La difficulté quasi insurmontable pour des développeurs est de ne pas transformer leur outil de sensibilisation en jeu fun où les ados rivaliseront d'agilité pour faire le plus gros carton possible sur les piétons. Il leur faudra dépasser cette extrême attirance qu'est l'interdit, une caractéristique utilisée dans de nombreux jeux à succès (comme la série des GTA). Le jeu est encore en développement, l'équipe cherche des fonds pour le peaufiner avant de le distribuer dans les écoles et à la police. On vous en reparle dès qu'on aura mis la main sur une version jouable.


Mange sainement, Amérique !

Mercredi 26 septembre 2007
Eat better America est un organisme qui, comme son nom l'indique, tente de promouvoir une alimentation saine, légère et équilibrée au pays de Mac Donald's. Par tous les moyens, son site essaye de vous mettre en contact avec d'appétissantes recettes de cuisine, toutes « bonnes pour la santé ». Pour ce faire, ils ont trouvé un moyen diablement efficace et amusant mais surtout, parfaitement idiot. Grand promoteur de l'humour idiot comme technique marketing et de transmission, je ne pouvais qu'adhérer complètement.
Le jeu débute par le choix des armes : trois plats appétissants et équilibrés, disposant chacun de caractéristiques d'adhérence et de précision. Puis, désignez un adversaire. Le terrain de jeu est un livre de cuisine présentant un menu, avec la recette du plat que vous avez choisi comme arme, accompagné d'une entrée et d'un dessert, tout aussi équilibrés. Vous piochez la nourriture sur les appétissantes photos à l'écran et en bombardez votre adversaire, qui se balade sur la page et qui lui aussi, vous le rend bien. C'est admirablement réalisé et franchement amusant. The Good food fight est à consommer sans modération.


Faîtes fumer vos méninges !

Samedi 25 août 2007
Sorti cet été, Hot Brain a pour ambition de renouveler le genre de « Programme d'Entraînement Cérébral » que nous commençons à bien connaître. En outre, c'est la Playstation Portable de Sony qui fut choisie comme support. Une console que nous avons délaissée entre ces lignes à cause de la relative pauvreté en jeux intelligents de sa ludothèque. Face aux écrasants succès des jeux du genre sur la concurrente, la DS de Nintendo, Sony ne pouvait que réagir.
Cette fois ci, c'est la température de votre cerveau et non son âge, que le logiciel se propose de tester. Un prétexte pour vous infliger des dizaines d'épreuves de mémorisation, d'acuité visuelle ou de calcul mental. Certains exercices sont d'ailleurs plutôt originaux et changent agréablement des classiques du genre. Le jeu n'est donc en soit clairement pas ludique et se targue d'être réellement utile. Un titre bienvenu sur la PSP de Sony qui comble en partie les lacunes de sa ludothèque. Hot brain est disponible pour un peu moins de 30 € dans tous les magasins spécialisés.


Sois fier d’être un Sam mon fils !

Vendredi 20 juillet 2007
Sortez-Revenez est un jeu sponsorisé par la Sécurité Routière. Il a pour but de sensibiliser notre jeunesse ingrate et décadente aux méfaits de l'alcool au volant. Pour ce faire, on vous propose donc d'incarner un de ces jeunes justement, dans un jeu en 3D isométrique évoquant irrésistiblement les Sims. C'est son anniversaire et ce « jeune » organise une fête pendant que ses parents sont absents du domicile familial. Depuis les courses jusqu'à la séparation, vers 4 heures du matin, vous aurez à vous occuper de votre petite sauterie : gérer au mieux l'ambiance pour éviter que cela vire à l'orgie de sexe et d'alcool, ou à l'inverse que l'on sombre dans la morosité puritaine. Le temps de jeu est rythmé par des énigmes très dans l'ambiance : s'occuper d'un voisin rabat-joie, nettoyer la disgracieuse tâche de vomi sur le canapé...
On peut également répondre à plusieurs questions très « code de la route », qui permettent d'obtenir des points de persuasion, utiles pour convaincre un camarade et donc résoudre certaines énigmes. Le jeu prend tout son sens à partir de trois heures du matin où, armé d'éthylotestes, on passe en revu les invités. Le co-voiturage s'organise automatiquement quand c'est possible, autrement on ne peut que conseiller à l'éméché de rentrer à pied, en taxi, ou encore lui offrir un petit coin de moquette où cuver en paix. Le jeu en lui même n'a qu'une portée ludique très limitée. Le trame est très directive : les choix auxquels on est confronté se résument à : ne rien faire ou jouer le jeu. On peut regretter de ce fait l'impossibilité de gérer dès le début qui seront les « Sam », de prévoir et penser le retour de chacun. Toutefois le point fort du jeu est de montrer qu'il est tout aussi « normal » et même louable de ne pas boire pour pouvoir ramener ses petits camarades en toute sécurité. Les adolescents ne touchant pas à l'alcool se voient encore trop souvent exclus, moqués par leurs amis, on ne peut donc qu'applaudir toute initiative visant à inverser cette tendance. Sortez-Revenez est disponible en deux versions (courte et longue). Voir le site officiel.