Le Serious Game Blog

Archive du mois de décembre 2006

Le top du must du jeu de gestion… en commençant par le pire

Dimanche 24 décembre 2006
Voilà, c’est l’hiver. Et pour beaucoup d’entre nous, les vacances de Noël débutent juste. Quoi de mieux qu’un jeu de gestion, riche et prenant, pour occuper ces longs après-midis où il ne fait pas bon mettre un honnête homme dehors ? Nous en comparons ici trois, les incontournables sur PC de cette fin d’année. Un jeu de gestion, ça se juge sur sa profondeur, sa capacité à titiller l’intellect et, pourquoi pas, sa faculté à nous apprendre des choses, contexte historique oblige.
Civ City Rome est le plus facile d’accès des trois. C’est aussi le moins bon. Il pêche par son manque de profondeur et de défi. Tout joueur un minimum expérimenté aura fait le tour du jeu dès sa seconde partie. De plus, les événements historiques qui rythment la campagne ne sont pas liés à la date, mais à votre progression dans les scénarii. Ainsi, ayant pris mon temps, c’est en 50 après J.C. que le jeu m’a annoncé le début des Guerres Puniques, bref avec 300 ans de retard. Jeu à éviter donc, d’autant que la parenté revendiquée avec la lignée des Civilization est tout à fait malhonnête. Civ City Rome est à réserver, à la rigueur, aux débutants souhaitant se frotter sans douleur aux City Builder.

Caesar se repose un peu trop sur ses lauriers

Dimanche 24 décembre 2006
Ce second titre, Caesar IV, repose sur un concept très proche du précédent. Un rapide coup d’œil sur les images suffit pour s’en convaincre. Comme dans Civ City Rome donc, les autorités vous chargent de mettre en place, d’organiser, puis de gérer une colonie. De l’emplacement des bâtiments, à la gestion de l’approvisionnement, on s’aperçoit vite que Caesar IV est bien plus complexe que son concurrent. Cadet d’une série qui connut il y a 8 ans son heure de gloire, le gameplay est rodé, carré et … ben classique quoi. 8 ans d’attente qui ont coûté aux fans des hectolitres de bave et des dizaines de mètres de tapis rongés pour ça. Alors oui Caesar IV est un bon jeu, mais qui n’apporte de plus que son prédécesseur (Caesar III), qu’un graphisme rénové et la possibilité de construire des routes en diagonale.

Le titre de Miss Gestion 2007 est accordé à l’unanimité à …

Dimanche 24 décembre 2006
Anno 1701. Pour vous dire, ce jeu c’est un grand espoir pour tous ceux qui aiment les jeux intelligents. C’est un peu le nouveau messie de ce 24 décembre et vous devriez prier pour l’avoir sous le sapin ce soir. Bref si cet Anno est porteur de tant de promesses d’avenir, c’est que des gens (allemands) se sont dits que mettre le plus gros budget européen dans un jeu intelligent, c’était possible et même pertinent. Du coup la bête a coûté 8 millions d’Euro, ça se voit, ça se sent et ça fait plaisir. Imaginez, c’est comme si au lieu de faire un truc comme Taxi 4, TF1 et Canal + confiaient 50 millions de pépettes à l’équipe de Strip Tease pour faire le meilleur documentaire du monde. Enfin bref la démarche montre bien que l’avenir du jeu vidéo n’est pas que dans le FPS bête et bourrin, mais ça ne vous dit pas pourquoi ce jeu est grand.
Anno 1701 est beau. Il est vaste et d’une profondeur sans égale. Ce jeu vous demandera un réel travail d’aménagement du territoire, d’organiser de complexes routes de commerce, d’user de diplomatie fine. La présence d’un volcan sur votre île, par exemple, implique une réelle réflexion et des choix cornéliens pour assurer la sécurité de vos habitants. Et puis si lors de l’éruption, si la moitié de votre colonie y passe, c’est pas si grave, c’est tellement beau. La difficulté du jeu étant très progressive, le néophyte aura quelques heures de jeu derrière lui quand il fera face aux réelles difficultés. Bref, vous l’aurez compris, Anno 1701 c’est LE jeu de gestion majeur et indispensable sur PC.

Pourquoi les advergaming ne sont définitivement pas des serious games !

Vendredi 22 décembre 2006
J'étais étonné d'apprendre au Summit Serious Game de Lyon que contrairement à leurs collègues américains, les serious gamers européens classaient les advergaming comme des serious game. En effet, les advergaming, comme leur nom l'indique, sont généralement des petits jeux promotionnels liés fortement à une marque et sans aucune portée éducative. Pour caricaturer cette classification, celà voudrait donc dire qu'un instant gagnant du type "je laisse mon adresse mail pour un tirage au sort", est un serious game ? Je crois que la classification US est plus sage et qu'un serious game digne de porter ce nom doit impérativement associer les dimensions ludique et éducative. Ce qui n'est définitivement pas le cas des advergaming !

Le livre est plus fort que le ballon

Jeudi 21 décembre 2006
Les farfadets de GSN persistent dans le jeu d'actualité, et ils ont raison! Ils avaient déjà créé le grandiose : So you think you can drive Mel? Comme manière de rédemption après leur passé peu glorieux. Aujourd'hui c'est O.J. Simpson qui trinque, à propos de son sulfureux livre : If I did it. L'ancien footballer américain, connu pour avoir été accusé du meurtre de sa femme, y relate comment il s'y serait pris s'il l'avait effectivement tué. Comment taxer GSN de mauvais goût après ça? Bref le jeu en lui même : Throw The Book At O.J. n'est pas exceptionnel quoique très bien réalisé. Il s'agit d'un duel entre vous et O.J.; vous le bombardant de ses livres, lui ripostant de ballons de football. Il en reste que ça défoule et qu'on regrette juste de ne pas avoir d'objets plus lourds ou tranchants à balancer à l'infâme.

Une Maïte interactive : c’est possible !

Mardi 12 décembre 2006
J'avais déjà honteusement occulté Cooking Mama, sous le fallacieux prétexte de n'en point trop saisir l'intérêt. Mais voilà qu'on apprend que Shaberu! Oryouri Navi vient enfoncer un clou de plus dans ma conscience professionnelle. Alors c'est maintenant prouvé : les Japonais n'ont pas fini de repousser les limites d'utilisation de leur DS. La petite console portable de Nintendo donne des leçons de cuisine (on découpe, on hache, on tranche au stylet), et devient également recueil de recettes. Bon, il faut aimer la nourriture japonaise pour adhérer au concept. Puis il faut le lire. Pour l'instant, seule l'adaptation US de Shaberu! Oryouri Navi est au programme, nommée Down Home Cooking (sans modification des recettes). Cooking Mama par contre, vient juste de sortir en France. Alors à quand une Maïté en 2D qui nous montre enfin les gestes experts nécessaires à la réussite des harengs – pommes à l'huile?

La censure, ça m’excite .

Mardi 12 décembre 2006
Alors, oui le jeu n'est pas "sérieux", mais le thème l'est. Rule of Rose, un jeu type "Survival Horror" (équivalent vidéo-ludique de films comme The Ring) est la nouvelle Némésis des Anti- jeux. Canis Canem Edit les avait beaucoup déçu, car loin de sombrer dans l'immoralité crasse, il s'était avéré être juste un bon jeu. C'est Ecran, le supplément audio visuel de Libé, qui nous rapportait le nauffrage de la dernière croisade anti-jeux vidéo. Trois députés UMP voulaient interdire à la vente et location certains jeux faits de "violence gratuite, de meurtre, de torture". A guise d'exemple, les trois larrons citaient donc Rule of Rose : « le but de ce jeu est de violer, battre et tuer une jeune fille. C’est un appel à la violence, à la mort, au viol ». Problème : il n'en est rien. L'ambiance du jeu s'avère juste être "angoissante", justifiant son "déconseillé aux moins de 16 ans". De son côté, l'éditeur 505 Games, envisage sérieusement un recours en justice pour diffamation. Certains députés feraient mieux de jouer. Ce serait plus sérieux.

HAIR-BE12 FAIT SON SHOW AU SERIOUS GAME SUMMIT

Mardi 5 décembre 2006
Lyon, 4 décembre 2006. Olivier Lombart (RedDivision) et Frédéric Aunis (L’Oréal) présentent Hair-Be12 au 2e Serious Game Summit, devant un public de professionnels venus de toute l’Europe.

Olivier LOMBART & Frédéric AUNIS