Le Serious Game Blog

Archive du mois de janvier 2007

Derrière l’interface : la vie

Lundi 29 janvier 2007
Kudos n'est pas à priori un jeu qui attire. Graphiquement limité, quasi-sans animations et payant, ça part mal. 23$ pour naviguer de tableaux à tableaux, c'est qu'ils ont intérêt à être intéressants. Ca se complique encore quand on sait que Kudos n'a pas vocation à être éducatif, pas d'avantage d'ailleurs qu'il n'a de messages à transmettre. Et là je sens qu'il faut que je commence à justifier un peu l'existence de cette news. En fait, Kudos est une simulation de vie extrêmement complète et addictive. Il s'adresse à tout ceux qui auraient aimé gérer d'avantage la carrière de leurs Sims, sans se taper leur apprentissage de la vaisselle. La démo reste à tester.

Dis papa, offre-moi un poney !

Lundi 29 janvier 2007
Un petit malin, lors d'un brainstorming torride chez un éditeur, a dit un jour : « il y a une cible, sensible aux jeux vidéos et qui représente une vraie demande de titres adaptés : les petites filles entre 6 et 14 ans ». Le PDG crie au génie et confie pour mission à un de ses studios de développer un jeu pour fillettes. Là, il faut à nouveau faire un effort d'imagination pour comprendre ce qui s'est passé quand les développeurs, a qui la corvée est échue, ont trouvé leur idée... Qu'aiment toutes les petites filles de 6 à 14 ans? Les poneys ! Et le miracle fut.
Enfin pas tout à fait puisque le milieu de la simulation équestre étant squatté depuis de nombreuses années, nos gars ont du s'adapter et étendre leur principe à toutes les créatures à plumes et à poils « mimies » mais sans danger pour l'homme ni à fortiori pour la fillette, dont il va falloir prendre soin. On récupère de plus le gameplay des Sims histoire d'être sûr de ne pas se tromper. Ils sont quatre jeux sur ce principe a être sortis autour de Noël et c'est au bord du scandaleux. Admettons que cette seule et même idée de jeu – simulation de vétérinaire ait émergé de la tête de quatre personnes en même temps. Au moins on aurait pu espérer que l'un des softs soit de qualité, ou se détache un peu du lot ! Avec un titre comme : Mission Vétérinaire : Je Soigne Les Animaux Du Zoo, on s'attend découvrir pleins de maladies affectant les bêtes, se cultiver un minimum et même pourquoi pas, procéder à des opérations ! Ben non, tout comme Léa, passion vétérinaire, ces jeux se limitent à donner à manger, ausculter (le diagnostic est automatique), traiter (que ce soit donner un médicament, bander une plaie, faire une piqûre etc, tout est automatisé également). Trois actions effectuées en autant de clicks...
Alors quel intérêt? Une fillette s'amusera t-elle à sauver des lapins invulnérables (impossible d'en crever un et pourtant on essaye vite tellement ça énerve) sans qu'aucune interaction réelle soit possible? Non pas que personnellement, je fondais de grands espoirs sur ces jeux... Pour autant l'idée est réellement attirante : apprendre à des enfants les composantes d'un métier fascinant sous forme d'une simulation. On va dire que le concept a de l'avenir...

Comment le serious game change t-il notre manière d’apprendre ?

Mercredi 24 janvier 2007
La pédagogie classique propose un apprentissage linéaire qui se cantonne à prendre des chapitres les uns après les autres et à les descendre sans autre forme de fantaisie. C'est un système qui a fait certes ses preuves mais qui produit un savoir somme toute assez théorique. La révolution du serious game consiste quand à elle à éclater ces contenus en unités de formations, les plus précises possibles et de les apparenter à des situations ou des moments de formation. Ces briques ainsi ainsi isolées constituent alors la base d'un scénario de serious game et pourront être ainsi réutilisées au gré des besoins d'une histoire. Résultat : le jeu se déroule comme dans la vie réelle, les moments de formation se succèdent plus harmonieusement et l'apprentissage se fait sans douleur !!!

Le bricolage pour les nuls

Mardi 23 janvier 2007
Ah le bel ouvrage que voilà. Techniquement au poil, un minimum utile, mais surtout parfaitement idiot. Canada's worst handyman (littéralement le pire bricoleur du Canada) explique comment transformer toute bénigne opération de bricolage domestique en cataclysme biblique. Certes, le plus élémentaire des bons sens indique au bricoleur en herbe, par exemple, qu'il est inopportun de souder sous une conduite de gaz qui fuit. Certaines de ces leçons n'en restent pas moins utiles, si elles permettent de graver quelques règles de sécurité dans les esprits distraits. Et puis si l'art du bricolage n'a plus de secret pour vous, ces mini-jeux auront le mérite de vous faire au moins sourire. Et ça c'est pas rien!

Et ben si c’est ça être fermier en Afrique …

Mardi 23 janvier 2007
3rd world farmer est un petit jeu qui rappelle Ayiti the cost of life dans son concept. Vous avez en charge la destinée d'une famille rurale du tiers monde et vous vous confrontez aux choix cruciaux auxquels ils font face. Avec, à la base, un très petit pécule, il faut développer la ferme, envoyer les enfants à l'école (si possible), tâcher de maintenir tout ce petit monde en bonne santé et participer au développement de la région. Sous forme d'évènements aléatoires, plusieurs calamités vous tomberont dessus : racket, maladies, catastrophes naturelles... Dis comme ça, le jeu semble très attirant. Seulement un gros défaut plombe la bonne impression d'ensemble : c'est trop facile. On s'attendrait pourtant à un défi insurmontable ! L'absence de difficulté nuit de plus à la transmission du message : impossible de se rendre compte des conditions de vie terribles ici dénoncées quand en quelques tours, on équipe sa famille de téléphones portables et de tracteurs modernes. Et c'est bien dommage.

Les nouvelles salades de Persuasive Games

Mardi 16 janvier 2007
Bacteria Salad, c'est le doux nom d'une des dernières productions de Persuasive Games. Le concept est simple : on a des champs vides en quantité devant nous, des points de ventes, et des consommateurs avides d'acheter de belles salades et des tomates. Le jeu nous met dans la situation de devoir choisir entre une grosse production agricole, qui potentiellement rapporte beaucoup mais nous expose aux maladies, terrorisme agraire, produits de moindre qualité etc, et une ferme moins ambitieuse où on peut surveiller sa production et incidemment veiller à la santé de ses clients. Les mécanismes du gameplay sont simplistes, mais permettent ainsi à tout un chacun de comprendre le message porté par le jeu en quelques minutes. La devise des créateurs : "persuasion, instruction, and activism". Mais en voilà une définition du serious-game interessante !

Zorro à l’Assemblée

Mardi 16 janvier 2007
Subpoena power est un petit jeu Flash utilisant un gameplay « plate-forme » c'est à dire avec des actions de type : sauter, s'accroupir, agir... On y incarne un justicier des temps modernes, armé d'un bloc-note, chargé d'endiguer la corruption des politiciens. Le système se base sur le système américain : les Lobby paient des sycophantes, chargés de flatter, corrompre ou menacer nos frêles élus. A vous d'endiguer ce flot en interceptant les valises pleines de billets vert, en trouvant des indices et en confondant les corrompus. Le jeu n'a pas de fin, ce qui semble devenir la mode dans les serious-game de type simulation : on ne peut gagner. Juste tenter de maintenir la jauge de corruption la plus basse possible. Bref Subpoena power est un petit jeu bien sympa, tout à fait capable de ruiner la productivité d'une après midi de boulot. C'est dire sa qualité !

Et la brosse à dent sauva le monde…

Vendredi 12 janvier 2007
Le débat sur l'advergaming comme serious-game (ou pas) restant ouvert, je me permets de présenter celui ci, qui dénote fortement de ce qu'on a l'habitude de voir. Mister Reach in the mouth of mistery,est un jeu d'aventure « point and click », comme les Monkey Insland de la grande époque Lucas Arts. Le jeu fait la promotion de Reach, un fabriquant d'ustensiles dentaires canadien. On y incarne Mr Reach, créature blanchâtre au sourire éclatant, charismatique comme une endive, mais logo de la marque. Armé de brosses à dents et de fil dentaire, qui serviront à résoudre toutes les énigmes du jeu (la difficulté n'existe donc pas), on « vit » l'aventure au travers de 6 tableaux : du Canada à Venise en passant par Paris. La réalisation est irréprochable, le scénario et les moments de jeu ne présentent, quant à eux, strictement aucun intérêt. Ce jeu publicitaire a néanmoins le mérite de sortir des classiques tetris ou puzzles en flash auxquels le genre nous avaient habitué. Les moyens investis font donc de ce jeu une curiosité à voir.

Ban the FN out of SL

Vendredi 12 janvier 2007
Second Life, le monde virtuel qui compte déjà 2 millions d'inscrits dont 30 000 français, a connu un événement très particulier. Le mois dernier, sur l'initiative du FNJ de Moselle, un « cyber-bureau » du Front National y a été ouvert afin "de promouvoir la candidature de Jean-Marie Le Pen en 2007", et "d'être une vitrine du parti pour les Français et les étrangers", selon un communiqué du FNJ. On y offre T-shirt et cartes virtuels à l'effigie Jean-Marie Le Pen. Dans la nuit de mercredi à jeudi, des « cyber-manifestants » ont défilé devant ces « cyber-locaux » en brandissant des affiches : ban the FN. Ils étaient 15 000 à défiler selon les organisateurs, étrangement personne ne s'est amusé à incarner un CRS ou à avancer une estimation pour les forces de l'ordre.