Le Serious Game Blog

Archive du mois de mars 2008

Lara Capello ?

Samedi 29 mars 2008
Quel est le point commun entre Lara Croft et Maître Capello ? … et non, ce n’est pas le tour de poitrine. Je me suis creusé la tête et j’en suis venu à la conclusion que la réponse est : rien. Ce sont deux mondes à part, et il faudrait que maître Capello se marie à Lara Croft pour que les deux soient conciliables.

Pourquoi parler d’eux ? Parce qu’on m’a souvent posé la question (parfois de façon rhétorique) « Les concepteurs de jeux vidéos sont-ils l’avenir du serious game ? ». Les gens disent surtout que les jeux pourraient devenir de plus en plus élaborés, avec des graphismes époustouflants, et que ce seraient donc les entreprises de développement de jeux vidéos qui seraient le mieux à même de s’implanter sur ce marché de niche qu’est encore le serious game.

Quand on me pose cette question, donc, je réponds « non ». Non, parce que faire du serious game, c’est répondre à une problématique de formation, et qu’il ne faut pas que le contenant prenne le pas sur le contenu. Non, parce que les gens qui demandent du serious game ne sont pas les mêmes que ceux qui s’amusent avec Mario ou Pro Evolution Soccer et qu’on ne s'adresse pas à tout le monde de la même façon. Non, parce que les budgets des jeux vidéos et ceux des serious games n’ont rien à voir. Non enfin, parce que les entreprises de jeux vidéos devraient alors intégrer des pôles pédagogiques à leur structure, et que ce n’est peut-être pas ce qu’ils souhaitent. Pourquoi payer plus de ressources et gagner moins ?

Serious Games et pouvoirs publics

Vendredi 28 mars 2008
En passant devant le Ministère de la Crise du Logement, rue de la Banque à Paris, je me suis dit que l’Etat ne jouait pas pleinement son rôle face aux grands enjeux du XXIème siècle. En ce qui nous concerne, c’est-à-dire les serious games, force est de constater que les pouvoirs publics sont encore frileux (et c’est un euphémisme !). A part quelques initiatives telles que Cyber Budget, la sphère publique ne se mêle pas de jeux sérieux. Pourtant, si on regarde ailleurs, on voit que les Etats-Unis sont impliqués en force dans le serious gaming, que ce soit dans le secteur militaire ou ceux de la santé et de l’éducation. Et chez nous, le potentiel est énorme, et nos entreprises l’ont compris depuis longtemps.

Alors pourquoi ce manque d’intérêt de la part des pouvoirs publics français ?

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Le Serious Game le plus cher du monde

Mercredi 26 mars 2008
Dix millions de dollars, rien que ça. L’équivalent d’un salaire mensuel de 21000 dollars pendant 40 ans d’activité, ou de la somme qu’il faudrait pour acheter 2 932 550 Big Mac. Dix millions de dollars (une bagatelle pour Liliane Bettencourt), c’est le prix qu’a coûté la réalisation de PULSE!, un serious game qui simule de manière réaliste un service d’urgence médicale, l’unité de soins intensifs du National Naval Medical Center de Bethesda, dans le Maryland. PULSE! décroche donc la médaille d’or du jeu sérieux le plus cher du monde.

Développé par la société Breakaway en collaboration avec la Texas A&M University-Corpus Christi, et financé depuis mars 2005 par une bourse fédérale de la Navy américaine (pas mal leurs bourses, dans la Navy, on comprend les Village People !), PULSE! se veut une simulation très immersive et hyperréaliste dont l’objectif est de réduire les risques médicaux en permettant aux médecins de se former à des situations d’extrême urgence. Ce qui justifie le coût exorbitant de ce jeu, c’est la qualité de réalisation : ainsi, les flux sanguins par exemple sont modélisés à partir d’analyses précises de dynamiques de fluides. Le lieu de jeu en 3D a quant à lui été réalisé par la modélisation d'un hôpital entier ! Le résultat est bluffant, puisque même l’atmosphère oppressante des blocs est rendue et fait couler la sueur froide dans le dos des joueurs. Enfin, remarquez, moi j’aurais des sueurs froides rien qu’en signant un chèque à sept zéros… Pas vous ?

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Quoi de neuf Docteur ?

Lundi 17 mars 2008
Ce sont les fans des Dr Douglas Ross et Derek Shepherd qui vont être contents ! Ils vont pouvoir se glisser dans la peau d’un séduisant médecin en blouse blanche pour s’occuper de leurs patients virtuels, et ils verront que ce n’est pas le tout d’être beau, il faut aussi assurer en termes médicaux. Alfa Multimedia, une firme espagnole spécialisée dans les projets multimédia pour le secteur de la santé, a développé un programme de simulation (sur CD) qui permet de se former à la pratique médicale. Des traitements initiaux lors de l’arrivée d’un patient au diagnostic final, en passant par l’étude du dossier médical et les tests à réaliser, le jeu nous confronte au challenge quotidien d’un médecin en milieu hospitalier. L’enjeu est de taille : les pathologies sont nombreuses et les niveaux de plus en plus difficiles.

Le Medical Clinical Simulator, qui permet de gérer de vrais cas inspirés de la réalité avec des processus de travail similaires à ceux effectués en milieu médical, a un double but : former les étudiants en médecine à moindre coût et faire un contrôle de qualité auprès des acteurs du secteur de la santé (réduction des erreurs de dignostic, amélioration de la qualité des pratiques médicales etc). L’outil est développé en trois langues (anglais, espagnol, allemand), et il est déjà utilisé entre autres par de nombreuses entreprises telles que Roche, AstraZeneca ou Sanofi Aventis.

La dynamique (Business Game) Deloitte.

Lundi 17 mars 2008
Les business games ont de plus en plus la cote auprès des grandes entreprises. Alors que la grande finale de la 8e édition (déjà !) du L’Oréal E-Strat Challenge aura lieu le 16 avril prochain à Paris, d’autres firmes se lancent dans la compétition online étudiante. C’est notamment le cas de Deloitte & Touche USA LLP, déjà adepte des business games, qui s’est lancé dans la simulation virtuelle avec le Virtual Team Challenge for High Schools (VTCHS), en partenariat avec BrandGames (qui a mis environ un an à développer le projet).

Qu’est-ce que le VTCHS me direz-vous ? En quelques mots, c’est une simulation à destination des lycéens américains, qui se fait en classe et dure 4 semaines. Les étudiants, répartis en équipes de 4, endossent le rôle d’agences événementielles et s’affrontent à différents échelons (classe, école et national) pour organiser un festival. Le but ? Récolter le plus d’argent virtuel à donner à United Way, une célèbre association à but non lucratif. Les 7 équipes gagnantes se verront attribuer une somme rondelette à reverser à l’association. Le VTCHS connaît un grand succès, puisque plus de 5 500 étudiants venant d’une centaine d’écoles à travers les Etats-Unis y participent. Les étudiants sont jugés sur quatre compétences (Ethique, Finances, Business et Prise de décisions) et les équipes jouent lors de sessions qui durent entre 45 et 90 minutes.

C’est donc un projet novateur qui a été lancé par Deloitte qui, soyons clair, n’a pas déployé de tels moyens par pure charité. La mise en place de cette simulation permet aussi à l’entreprise d’entretenir une pépinière de jeunes talents et de faire une campagne de communication sur les joies du métier de consultant.

Pour voir la vidéo de démonstration, c’est ici.

Un simulateur qui roule

Jeudi 13 mars 2008
Ca se passe à Clairoix, dans l’Oise. Plus précisément à l’usine de pneumatiques Continental, qui a commandité la réalisation d’un simulateur développé par l’Université de Technologie de Compiègne, plus précisément un outil 3D interactif permettant de former des opérateurs à la fabrication de pneumatiques.

Le simulateur, baptisé «Réalité Virtuelle pour la Production Industrielle» (RVPI) et développé sous Virtools, reproduit virtuellement sur un programme informatique d’ordinateur une énorme machine à fabriquer des pneumatiques. Le simulateur de cette machine spéciale permet ainsi de libérer la vraie machine (dont le rôle est crucial) pendant les formations, de former des opérateurs sur tous les réglages et dysfonctionnements éventuels qui sont très coûteux à reproduire de façon réelle, et ainsi de réduire la durée et le coût de la formation.

Le Conseil Régional de Picardie, qui a financé un tiers des 330 000€ qu’a coûté le projet, compte utiliser la méthodologie de ce travail pour en faire profiter d’autres entreprises de la région. C’est manifestement un projet innovant, qui vient de recevoir le prix Meilleure Performance aux Imagina Awards 2008 dans la catégorie industrielle.

L’homme qui a vu l’ours

Mercredi 12 mars 2008
Si le Vélib’ a la cote à Paris, nos voisins d’Outre-Manche s’inquiètent de la prolifération des bicyclettes à Londres. Non pas que le vélo déplaise aux Londoniens, le problème viendrait plutôt du nombre d’accidents liés aux deux-roues. Contrairement à Amsterdam où la bicyclette est reine, et où les conducteurs sont habitués à voir débouler les vélos en masse, Londres (et Paris) ne sont pas (encore) des villes à vélos. C’est pourquoi Transport for London a décidé de faire une campagne destinée à sensibiliser les automobilistes à faire plus attention aux bicyclettes. Cette campagne, Do The Test est une vidéo très maline qui atteint son but. A force de focaliser son attention sur un élément, on en oublie complètement le reste. Et on se fait avoir. Moralité : ce n’est pas parce qu’on parle de vélos qu’il faut avoir la tête dans le guidon.

Pédagogiquement, le concept est aussi très intéressant si on le met en perspective. Car tout jeu sérieux à un parti pris : et faire attention à une question ou un énoncé empêche de prendre du recul. On ne peut pas faire attention à tout tout le temps. Et si un jeu destiné à apprendre un contenu pédagogique se révélait être un arbre qui cache la forêt ?

Pays de Graal

Samedi 8 mars 2008
Le Pays de Galles – Cymru (à prononcer Kum-ri) en gallois- a le vent en poupe en ce moment. L’Office du Tourisme a en effet fait une campagne massive en France pour populariser cette région peu connue du Royaume-Uni (à part par les fans de rugby). Et quoi de mieux pour faire découvrir les richesses du coin que de faire un jeu un peu sérieux ?

Développé par l’agence DDB Travel & Tourism, A la poursuite de l’Elixir de Jouvence vous permettra de partir à l’aventure à travers le pays pour faire le plein de bonne humeur, découvrir la langue et la culture galloises, et vous mettre en bonne forme physique. Le but du jeu est officiellement de partir à la quête de l’élixir de jouvence qui donnera la jeunesse éternelle à quiconque le boira, et plus officieusement de découvrir les richesses de Cymru en faisant évoluer son avatar. A partir d’un plateau de jeu en flash figurant une carte du Pays de Galles, le joueur devra guider son personnage un peu partout, le faire dormir et manger, mais aussi le faire discuter avec des autochtones, pratiquer des activités sportives ou visiter des endroits divers. Chaque action effectuée par l’avatar rapportera des points bien utiles pour débloquer des niveaux secrets et finalement trouver la recette du fameux élixir.

A la poursuite de l’Elixir de Jouvence est donc un bon jeu sans prétention, simple mais efficace pour s’amuser tout en planifiant ses prochaines vacances (qu’on pourra peut-être gagner par tirage au sort). Pob lwc et hwyl fawr, comme on dit chez eux !

Dessinez c’est animé

Vendredi 7 mars 2008
Pour tous les nostalgiques de Magic Light et autres ardoises magiques de notre enfance, voici un petit programme fort sympatique appelé PhysicDraw et développé par Complex Softwares. PhysicDraw, c’est l’improbable (pas tant que ça !) croisement entre Gotlib et Newton, un jeu qui vous permettra de faire des dessins tout en révisant votre physique. Bref, un jeu simple d’accès, 100% fun et éducatif, 100% web. Vous aurez à votre disposition une feuille quadrillée et des marqueurs, et ce sera à vous de jouer pour créer des dessins qui prennent vie. Chaque marqueur correspond à une matière physique (glace, élastique, rocher…) et il faudra combiner les couleurs (et donc les matières) pour créer des mongolfières qui décollent, des voitures qui roulent, etc. Notez juste qu’avant tout dessin, il faut mettre les animations en pause avec la barre d’espace, ou vos jolies formes tomberont inéluctablement dans le vide.

Et comme c’est bientôt Pâques, voici un easter egg* rien que pour vous : Quand le jeu est lancé et en marche, tapez sur « ² » pour activer les cheats codes puis tapez rapidement « CPC ». Une surprise apparaîtra alors…

*En informatique, un easter egg (locution anglaise, littéralement « œuf de Pâques ») est une fonction cachée au sein d'un programme, un film ou un jeu consistant généralement en un clin d'œil, un petit bout de programme (animation, jeu, message...) accessible à partir d'un mot clé ou d'une combinaison de touches et de clics.

Bouchon de campagne

Vendredi 7 mars 2008
En ouvrant mon journal ce matin, mon regard a été irrémédiablement attiré par un visuel à la Sim City représentant l’A6 en pleine migration pendulaire, un visuel à faire voir rouge le bison le plus futé. En plein milieu de la page, un chiffre – 400 000-, et un logo –ANPE. Le chroniqueur que je suis se dit ‘tiens, l’ANPE s’est mise au serious game’. Je me mets donc à lire le contenu en baseline : « 400 000 personnes vont chaque jour sur anpe.fr pour gagner du temps ». Gagner du temps … embouteillages… Sim City… Il dit qu’il ne voit pas le rapport, le chroniqueur.

Je cherche donc à en savoir plus. Je cherche des informations susceptibles d’éclairer ma lanterne. L’agence pour l’emploi explicite la campagne sur son site : « Décalée dans ses univers graphiques et visuels, [la nouvelle] campagne [de l’ANPE] met en avant la simplicité d’utilisation et l’efficacité des outils et services du site, tant pour les demandeurs d’emploi que pour les employeurs ». Cette explication à la limite du fumeux ne me satisfait pas. Pourquoi utiliser ce genre de visuels ? Pourquoi parler de simplicité d’utilisation et de gain de temps alors que je vois des files de voitures à la queue leu leu. Je prends soudain peur : 400 000 personnes autour de moi, les embouteillages du matin pour aller au travail, une population qui grouille. Je me mets dans la peau d’un demandeur d’emploi : et à sa place, une telle campagne me donnerait plutôt envie de rester sous la couette !