Des Serious Games pour tester et évaluer la maladie d’Alzheimer

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Encore un article qui confirme notre précédent post sur l’intérêt d’adapter des serious games aux patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

Retarder l’apparition de la maladie grâce aux jeux

Il existe aujourd’hui un certain nombre de jeux dits d’« entrainement cognitifs » disponibles et quelques uns sont même suggérés pour aider les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Malheureusement il y a peu de preuves pour le moment qui permettent de démontrer que ces jeux  « santé » fonctionnent réellement.

Toutefois, selon le Dr Harrison, psychologue à l’Imperial College de Londres, les jeux visant spécifiquement les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer pourraient aider à retarder l’apparition de la maladie, ralentir sa progression ou tout du moins fournir un protocole de test qui permettrait de mesurer leur efficacité.

En effet, le Dr Harrison illustre ses propos par le fait que la population est de plus en plus vieillissante en Europe occidentale et aux Etats-Unis et avec cela, le taux d’incidence de la maladie d’Alzheimer va s’intensifier et donc le coût du traitement des patients qui lui, va monter en flèche.

Il estime le coût du traitement de la maladie d’Alzheimer aux Etats-Unis en 2012 à environ 200 milliards de dollars. Avant 2050, le coût de ces services médicaux pourrait atteindre un trillion de dollars. Compte tenu de l’ampleur du problème, il suggère donc que tout ce qui peut être fait actuellement pour retarder l’admission des patients en soins résidentiels se traduirait forcément par des économies importantes et  une amélioration de la qualité de vie à la fois pour le patient et pour le soignant.

Selon lui, les jeux pourraient être un moyen d’aborder les différents domaines cognitifs que la maladie d’Alzheimer affecte :

  • la capacité à élaborer une stratégie : mémoire de travail,
  • la capacité à utiliser les informations et les compétences stockées : mémoire épisodique,
  • la capacité à se souvenir d’un évènement passé,
  • la rapidité de réaction aux évènements.

Il a lui-même fait le test avec un jeu proposé à ses patients dans lequel le joueur devait capturer des monstres en plaçant des pièges. Le gameplay du jeu n’a pas été fixé auparavant, ce qui est important, c’est surtout, selon-lui la méthodologie qu’il y a derrière. Voici ce qu’il explique :

« Dès que le monstre atteint le piège, il faut appuyer sur un bouton. On peut donc mesurer l’attention. Comme consigne, je demande au patient de le frapper aussi vite que possible, de sorte que l’on mesure également la vitesse psychomotrice. Avant que le patient ne commence à jouer, je lui indique qu’il y a 10 monstres à ne pas attraper. Les patients doivent donc se rappeler ce qu’ils sont, cela stimule leur mémoire de travail. Un peu plus tard, quand ils ont attrapé quelques monstres, je leur montre des images des monstres du jeu, ils doivent m’indiquer lesquels ils ont attrapé. Il s’agit d’un test de la mémoire épisodique. »

Selon le Dr Harrison, il y a beaucoup d’éléments que nous pouvons intégrer comme cela dans un contexte de jeu et qui permettraient de s’exercer et d’effectuer des tests efficacement.

Un serious game capable de diagnostiquer l’évolution de la maladie d’Alzheimer

Tel est l’enjeu du projet Az@GAME, un programme de recherche et développement en santé qui élabore actuellement un serious game capable de diagnostiquer l’évolution de la maladie d’Alzheimer à domicile. Une affaire à suivre de très très près…

Source : http://blogs.wsj.com/tech-europe/2012/11/06/games-may-help-in-alzheimers-treatments/

Lucie Bertholier

Lucie Bertholier

Diplomée en gestion de l’Information et de la Connaissance, spécialiste de la pédagogie numérique, elle maîtrise la conception et la création de ressources multimédia : serious games, e-learning, FOAD.
Lucie Bertholier

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