LearnEnjoy 3 applications iPad pour lutter contre l’autisme

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LearnEnjoy n’est pas une mais 3 applications disponibles sur iPad uniquement.

Basées sur 3 niveaux (Basic, Progress, Preschool), ces applications sont disponibles en 2 modes : accompagné et autonome. Le mode autonome est payant sous forme d’abonnement.

  • Le premier niveau dit « BASICS » a pour but d’enseigner les compétences de base de la compréhension, de la communication et de l’autonomie et familiarise avec les compétence pré-scolaire.
  • Le deuxième niveau dit « PROGRESS » vise a augmenter la communication vers les compétences de conversation, à développer l’abstraction et à entrer dans l’écriture, la lecture et les mathématiques.
  • Le troisième et dernier niveau « PRESCHOOL » mène vers l’utilisation d’une communication plus riche et plus complexe, développe le raisonnement et consolide les compétences scolaires de base.

Toutes les informations nécessaires se trouvent sur leur site : learnenjoy.com

Contenu des applications

Je ne peux malheureusement pas vanter la pertinence de ce qu’elles proposent étant donné mon manque de culture sur le sujet, mais les critiques lues ici ou là sont plutôt bonnes. En revanche, là où je peux apporter mon point de vue, c’est sur l’ergonomie des jeux et des interfaces.

Il me semble que c’est là que le bas blesse.

Écran d’authentification et de choix des exercices

L’ergonomie n’est pas vraiment intuitive, en tout cas elle ne s’appuie pas sur les habitudes de navigation. Par exemple, lorsque l’on clique sur la zone de saisi du login, le texte « votre login » se souligne, mais aucun curseur n’apparait dans la zone de saisie.

Jeu d’association des sons et des visuels

Jeu des associations

Certains choix d’énoncés m’ont également interpelés : « Range les images » comme dans l’écran de gauche, ne s’agit-il pas ici d’associer et non de ranger ? Mais peut être cela est-il dû à la pathologie ?

Mis à part les écueils sur l’ergonomie, ce genre d’applications semblent très attendues par les parents d’enfants autistes, mais valent-elles l’abonnement demandé pour les versions complètes, je ne sais pas ?

Certainement pour le suivi des progrès qu’elles permettent de mettre en évidence. Et c’est peut être là que réside l’intérêt et la force de ces applications. Plus que les applications elles mêmes, c’est surement le suivi des progrès qui peut intéresser à la fois les familles et les professionnels de la santé.

A vous de tester et de juger en téléchargeant les applications ici.

Laetitia Lacan

Laetitia Lacan

Ingénieure spécialiste de la pédagogie assistée par ordinateur. Passionnée de jeux vidéo, elle structure des dispositifs Serious Gaming et FOAD, analyse des besoins et ressources, découpe, scénarise et conçoit des contenus pédagogiques et ludiques.
Laetitia Lacan

2 commentaires

  1. Bonjour Laetitia,
    je tombe sur votre article sur les applis Learnenjoy, je me permets quelques commentaires en tant que parent d’enfant autiste et aussi comme personne ayant été indirectement impliqué dans le développement de cette solution :
    – les applis Learnenjoy ne sont pas des jeux éducatifs, mais plutôt une sorte de manuel scolaire pour des enfants ou ados autistes, pour trois niveaux de développement. Ca doit être ludique du point de vue d’un enfant autiste (qui n’est pas toujours le même qu’un élève dit « neurotypique »), mais ce n’est pas un jeu, c’est un outil de travail pour les parents, les éducateurs, les orthophonistes, qui l’utilisent avec leurs élèves. C’est tout à fait complémentaire avec d’autres jeux bien choisis.
    – l’autisme est une pathologie particulière, qui induit non seulement une perturbation de la sphère relationnelle, mais aussi des perturbations sensorielles parfois très fortes
    – il est donc indispensable de réfléchir à une ergonomie spécifique pour les enfants autistes, qui ne voient ou n’entendent pas toujours exactement comme nous. Une petite anecdote : mon fils autiste adorait vers 5 ans un jeu de cartes représentant des animaux. A notre grande surprise, à chaque voyage à la campagne, il nous montrait la campagne du doigt en disant « la chèvre », alors qu’il n’y avait aucune chèvre à l’horizon. C’est en regardant la carte représentant la chèvre que nous nous sommes aperçus que celle-ci était représentée en gros sur un fond de prairie. Vous et moi ne voyons que la chèvre sur cette carte. Lui ne voit que l’herbe autour de la chèvre.
    C’est la raison pour laquelle ces apps propose des photos sur fond blanc, une ergonomie spartiate, peu de sons. Si vous les regardez comme un jeu éducatif « normal » pour enfants de 4 ans, c’est pas très fun. Mais pour un enfant autiste, la plupart des spécialistes s’accordent à dire que c’est la bonne direction, et que la majorité des jeux classiques sont beaucoup trop riches en sollicitations multiples (visuelles, auditives, mouvement, rythme) pour beaucoup d’enfants autistes, même moyennement atteints. Autre exemple, peu d’élèves utilisant la solution connaissent la signification du mot »associer », il faut des consignes très simples, un des pires problèmes dans les démarche d’apprentissage pour les enfants autistes étant de générer chez l’élève une sensation d’échec qui le dégoutera de toute envie d’interagir.
    Voila, je ne vise surtout pas à donner de leçons à quiconque, je ne suis ni éducateur, ni ergonome, ni psychologue, juste un papa un peu impliqué…

  2. Bonjour Olivier.
    Merci pour ces précisions, j’ai justement modéré mes propos n’étant pas spécialiste du sujet.
    Je reste néanmoins convaincue que des progrès restent à faire concernant l’ergonomie globale de l’application comme la sélection des éléments, l’inscription dans la page d’accueil etc. Ces éléments qui ne s’adressent pas aux enfants, mais aux parents pourraient être retravaillés et optimisés.
    Merci encore pour votre commentaire et vos éclaircissements.

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